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Des sites auxquels nous ne voudrons jamais aller à cause de Haneke

Les récompenses du Prince des Asturies sont autorisées de temps à autre à une vitesse irrégulière de leurs aspirations (récompense Xavi et Iker Casillas peu après avoir fait la même chose avec l’ensemble de l’équipe de football espagnole), mais elles nous donnent parfois la joie de résoudre la semaine; récompenser Haneke a été l’un des plus importants.

Personne ne voudrait vivre ou visiter un film Haneke mais ce sont eux qui éclairent le mieux notre existence, en plus de fonctionner comme une gifle quand nous sommes à moitié endormis: Ce n'est pas quelque chose de gentil, mais espabila. Derrière cette métaphore grossière où il y a, il y a une profonde admiration pour le talent du réalisateur capable de sublimer le malaise tout en restant inconscient de toute concession sentimentaloïde; si froid et précis que nous pensons que nous regardons la vérité filmée en réfléchissant constamment à la nature très équivoque du tournage et aux dangers des écrans. Jamais évident, jamais complaisant, jamais inoffensif, expert en séquences de séquences longues qui deviennent insupportables, certains sites Web classent leurs films sous le signe du concept très réussi "visionnage inconfortable", que nous traduisons par "observation inquiétante". Parce que c'est ce que cela signifie, de rompre la paix et de provoquer quelque chose de vrai chez nos chefs de bourgeoisie accommodants et résignés.

Les scénarios choisis pour raconter leurs histoires sont les mêmes que leur existence: fondamentalement Vienne et Paris. C'est à Vienne que les intérieurs sont représentés à différents degrés de suffocation présidés par les téléviseurs de ceux qui phagocyte leurs habitants un peu comme dans une version plus réaliste et intellectuelle de Poltergeist. "La raison de cet assassinat absurde est totalement incompréhensible", a-t-on appris à la télévision 71 fragments d'une chronologie aléatoire de même parler du conflit des Balkans que du drame du protagoniste en lançant des coups de feu dans les rues de Vienne; dans Vidéo de Benny l'indifférence que provoque le thème pantallil atteint son expression maximale, et en Le pianiste les théâtres et les scènes d'une des capitales mondiales de la musique ils enveloppent Isabelle Huppert dans un état de grâce.

L’évasion de la ville n’apporte aucun soulagement, voir le caractère post-apocalyptique de Le temps du loup (et ceux des voies ferrées, hélas) ou le lac apparemment idyllique de Jeux drôles (dans sa première version autrichienne ou dans le remake américain tourné à Long Island); Ici, Haneke montre une violence qui n’a rien à voir avec celle d’Hollywood: sans frivolités ni ornements et assaisonnée de ces ruptures du quatrième mur qui poussent l’inconfort à un autre niveau. Dans la multipremiada Ruban blanc, tourné dans les vraies étapes du Brandebourg, le village allemand apparaît presque belle filmé en noir et blanc et avec les personnages portant des costumes d'époque; mais dans cette fable polysémique, l'horreur qu'il est impossible de nommer est cachée au cœur de l'Europe d'avant la Première Guerre mondiale.

Il est presque impossible de tourner à Paris et la ville est laide, mais comme avec Haneke, il n’ya jamais de beauté ni d’absence de beauté, la ville est un autre scénario pénible d’histoires Code inconnu, spécialiste du film en montrant l’horreur quotidienne de celle avec laquelle il est transmis, par exemple dans les wagons de métro.

On parle déjà de Amour ici, un film dans lequel Paris nous montre à peine un court trajet en bus; est Cache celle qui mérite un traitement séparé car les deux maisons les plus importantes qui y figurent donnent toute une étude géosociale. L’emplacement exact de la maison enregistrée sur les bandes mystérieuses qui commencent le film est dans la 49 de Rue Brillat-Savarin (Recherchez-le dans Google Streetview, il est parfaitement reconnaissable à son lierre et nous ne comprenons toujours pas comment ses habitants peuvent y vivre sans frissons); tandis que son antagoniste vit dans un immeuble anonyme situé dans le Avenue Lénine et la rue Normandie-Niémen, à Romainville, en banlieue parisienne. Une maison est une belle maison située dans le quartier un peu bohème de Butte-aux-Cailles, tandis que l’autre est un appartement modeste situé dans une banlieue parisienne; la différence entre les deux quartiers et les deux maisons met en évidence les destins que les personnages ont suivis après un épisode d'enfance ambigu. En fin de compte, la culpabilité mène à la destruction, où qu'elle se trouve.

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